Nébié BALI

Cours de Génétique au lycée

Recherche

Ma page Facebook

Actuellement en librairie ...

Espace Genetique
conventions génétiques PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 21 Septembre 2011 23:52

 

CONVENTIONS GENETIQUES

Haut Bas

1. Représentation des allèles

L’allèle est représenté par :
- soit une lettre alphabétique simplement ou affectée du signe + en exposant:
Exemple: a;  A;  a+; A+ etc.

-  soit une association de deux lettres alphabétiques simple ou affectée du signe + en exposant:
Exemple : ecEcec+ ; Ec+ etc.

La nature ( majuscule ou minuscule) de la lettre unique choisie (ou de la première lettre de l’association des deux lettres) est fonction des situations :

1.1 Première situation: dominance et récessivité.

1.1.1 Cas où aucune précision n’est donnée sur le type sauvage ou non des caractères étudiés : alors l’allèle récessif est toujours représenté par une lettre minuscule, et l’allèle dominant par une lettre majuscule.

1 ère notation : les lettres choisies sont souvent ( mais pas obligatoirement) des initiales des caractères étudiés.

Exemple 1. Chez la souris, le caractère « pelage gris » est dominant et le caractère « pelage blanc » est récessif.
Nous pouvons représenter les allèles gouvernant ces deux caractères respectivement par G et b.

Exemple 2 : Chez la drosophile, les caractères « corps gris » et « ailes longues » sont dominants et les caractères « corps noirs » et «  ailes vestigiales », récessifs.
Nous pouvons désigner les allèles gouvernant ces deux couples de caractères respectivement par : G,  L,  n  et vg

:- Le choix  des lettres est laissé à l’initiative du candidat ou imposé par l’énoncé.

-Lorsque l’étude porte sur plus d’un couple de caractères, il devient difficile d’identifier les allèles d’un même gène en adoptant cette notation. En outre, cette notation est de moins en moins utilisée de nos jours.

2ème  notation : L’allèle dominant est représenté par la même lettre désignant l’allèle récessif en majuscule.
Ainsi, dans l’exemple 1 précédent, b désignant l’allèle récessif, B désignera l’allèle dominant ; et dans l’exemple 2, les deux allèles dominants seront représentés respectivement par N et Vg ( n et vg étant les allèles récessifs correspondants).

Un tuyau: Cette deuxième notation est commode car on utilise le même « son » de l’alphabet : ainsi, on reconnaît sans difficulté les allèles du même gène dans un gamète ;le même son ( la même lettre) ne doit être présent qu’une fois puisque le gamète porte un allèle de chaque gène.

1.1.2.Cas où des précisions sont données sur le type sauvage ou muté des
caractères étudiés : l’allèle muté est représenté par une lettre alphabétique ( ou l’association des deux lettres) minuscule ou majuscule selon qu’il est récessif ou dominant ; la même lettre ( ou association des deux lettres) affectée du signe+ en exposant désignera l’allèle sauvage (ou tout simplement le signe +).

1.1.2.1 Le caractère muté est récessif

Dans l’exemple 1 précédent, admettons que le  caractère  «  pelage gris » soit sauvage et dominant; on représentera alors les allèles de la façon suivante :b désignant l’allèle muté (« pelage blanc »), b+ ou +  représentera  l’allèle sauvage.

Dans l’exemple 2 précédent, admettons que les caractères « corps gris » et « ailes longues » soient sauvages et dominants; on aura alors :
n  désignant l’allèle gouvernant le caractère « corps noir » ( caractère muté)  n+ ou + représentera l’allèle gouvernant le caractère sauvage correspondant.

· 1.1.2.2 Le caractère muté est dominant

On désigne l’allèle muté par une lettre alphabétique (ou l’association des deux lettres) majuscule ; cette même lettre avec le signe + en exposant ou +, représentera l’allèle sauvage correspondant.
exemple : admettons qu’un allèle muté soit A ; l’allèle sauvage correspondant ( récessif) sera A+ ou tout simplement +.

Un tuyau : en fonction de la nature ( majuscule ou minuscule) de la lettre désignant l’allèle muté, on saura si l’allèle sauvage est dominant ou récessif :
Si l’allèle muté est représenté par une lettre minuscule, + sera dominant.
Si l’allèle muté est représenté par une lettre majuscule, + sera récessif.

: chez les êtres haploïdes, l’utilisation du signe plus (+) toujours associé au signe (-) présente certaines particularités :

Exemple 1: un individu de génotype A+B+C-D- est dit prototrophe pour les substances chimiques A et B d’une part et auxotrophe pour les substances C et D d’autre part .Cela veut dire que l’organisme de l’individu en question est capable de synthétiser A et B à partir de précurseurs ; et incapable de synthétiser C et D. L’individu sauvage aura pour génotype A+B+C+D+

Exemple 2 : une bactérie de génotype lac+gal- est une bactérie capable d’utiliser le lactose parce qu’elle peut synthétiser les enzymes nécessaires pour la dégradation de ce glucide. Cependant, cette bactérie est incapable d’utiliser le galactose.

1.2 Deuxième situation : Codominance

Les deux allèles du gène sont représentés par deux lettres majuscules ou minuscules, différentes ou non, au choix de l’utilisateur. Si l’on opte pour la même lettre alphabétique, on prend soin de les différencier :

Exemple : R et R’; ou R1 et R2 ; r1 et r2 ; A et B etc.

1.3 Cas spécifique du polyallélisme

Dans le cas de polyallélisme, les mêmes conventions sont  respectées avec quelquefois de légères variances :
Exemple 1 : le gène responsable de la couleur des yeux  de la drosophile a trois allèles :
- + pour « yeux noirs  »
- e  pour « yeux eosine »
- w  pour «  yeux blancs »
+ est dominant par rapport aux deux autres allèles ; et  e , dominant par rapport à w.
Dans ce cas, l’allèle le « plus » récessif étant w, on peut représenter les trois allèles de la façon suivante :
- w pour «  yeux blancs »
- w+ pour « yeux noirs  »
- we pour « yeux eosine »

Exemple 2 : dans le système ( ABO) des groupes sanguins, il existe  trois allèles : A ; B ; et  o. Le troisième allèle est récessif  par rapport aux deux autres.


2. Représentation du phénotype

On le représente par le ou les allèles seuls qui s’expriment que l’on met entre crochets ou entre parenthèses.

Exemple 1 :

- pour la souris grise, on aura, en fonction du choix du candidat ou des données imposées dans  l’exercice:

[G ] ou ( G ) ;
[B] ou ( B ) ;
[ b+ ] ou ( b+ ) ;  ou [+ ]ou ( + ).

- pour la souris blanche , on aura : [ b ]  ou  ( b ).

Exemple 2 :
- pour la drosophile au corps gris et aux ailes longues, on aura :

. [ G L ]  ou  (G L)
· [N Vg ] ou  (N Vg)
· [n+vg+] ou   (n+ vg+)  ou [+ + ] ou (+ + ).

- pour la drosophile au corps noir et aux ailes vestigiales on aura :[n vg] ou (n vg).

: l’utilisation des crochets est nettement plus répandue que celle des parenthèses qui est en voie de disparition.

Haut Bas


3. Représentation du génotype.

Dans l’écriture du génotype, doivent être représentés tous les allèles présents dans la cellule de chaque gène étudié.

Chez les haploïdes, étant donné que chaque gène a un seul allèle dans la cellule, l’écriture du phénotype ne se différencie de celle du génotype que par la présence de crochets (ou de parenthèses)

Exemple: la bactérie dont le phénotype s’écrira [T+L-Gal-Lac+] aura pour génotype: T+L-Gal-Lac+

Chez les diploïdes, l’écriture du génotype doit rendre compte des situations suivantes :
- homozygotie ou hétérozygotie ou hémizygotie
-linkage ou non dans le cas de l’étude de plusieurs gènes.

Il existe deux types de notion: la notation linéaire et la notation fractionnelle.

3.1 Notation linéaire : elle consiste à écrire de façon linéaire les lettres alphabétiques représentant les différents couples d’allèles .
Reprenons les exemples précédents

Phénotypes

Génotypes possibles

[ B ]

BB ;  Bb

[ b ]

bb

[ + ]

b + ;  + +

[ n vg ]

nn vgvg

[ N Vg ]

NN VgVgNn Vgvg ;  NN VgvgNn VgVg.

[ n+vg+ ]

n+n+ vg+vg+ ;   n+n vg+vg+ ;   n+n+ vg+vg ;      n+n vg+vg .

[ + +  ]

++ ++ ;   +n ++ ;    ++ +vg ;   +n +vg

: Une autre écriture du génotype consiste à utiliser une lettre majuscule pour symboliser le locus sur chaque chromosome. Les différents allèles susceptibles d’occuper ce locus sont portés en exposant.

Exemple : soit C le locus du gène responsable de la couleur du pelage de la souris. La souris blanche aura pour génotype : CbCb ; et la souris gris : CBCB ou CBCb.

3.2  Notation fractionnelle

- S’il s’agit d’un seul gène, on utilise une simple ou une double barre de fraction pour séparer les deux allèles.
Exemple : b/b ou b//b; B/b ou B//B etc.

- S’il s’agit de plusieurs gènes , l’écriture doit rendre compte de l’indépendance ou de la liaison de ces gènes.

* 3.2.1.Une barre unique ou une double barre pour chaque couple d’allèles si les gènes sont indépendants.

Reprenons l’exemple de la drosophile en admettant que le gène gouvernant la couleur du corps et celui gouvernant  la taille des ailes soient indépendants : on aura les écritures suivantes.

Ecriture linéaire

Ecriture fractionnelle

n+n+ vg+vg+

 

n+

vg+

ou bien

 

n+

vg+

n+

vg+

 

 

n+

vg+

* 3.2.2 Un barre unique ou une double barre de fraction pour l’ensemble des couples d’allèles considérés si les gènes correspondants sont liés.
Reprenons toujours l’exemple de la drosophile en admettant cette fois que les deux gènes soient liés .On aura alors les écritures suivantes :

Ecriture linéaire

Ecriture fractionnelle

n+n+ vg+vg+

n+ vg+

ou bien

n+vg+

n+ vg+

 

n+vg+





-Très souvent, le début de l’énoncé du problème ne donne pas suffisamment d’informations au candidat pour lui permettre de savoir si les gènes sont liés ou non. Pour représenter les génotypes, le candidat est donc tenu d’adopter le 1er système de notation ( notation linéaire). Il n’utilisera les barres de fraction qu’après avoir démontré que les gènes sont indépendants ou liés.
- L’utilisation de la double barre facilite l’interprétation chromosomique des résultats de croisement car chaque barre symbolise dans ce cas un chromosome ou tout simplement un locus.

3.3 Cas particulier de l’hérédité liée au sexe

Dans le cas de l’hérédité liée au sexe, on utilise couramment les lettres X et Y (ou bien Z et W) symbolisant les chromosomes sexuels, affectés des lettres représentant les différents allèles.

Exemple : le daltonisme est une tare récessive totalement liée au sexe et dont l’allèle est porté par X; soit d , cet allèle:
- Une femme daltonienne aura pour génotype: Xd Xd (ou Xd Xd).
- Un garçon daltonien aura pour génotype: Xd Y(ou Xd Y).
- Une femme à la vision normale aura pour génotypes possibles: Xd+Xd+ et  Xd+Xd
- Admettons l’existence d’un deuxième gène porté également par X et dont les allèles sont a et a+ : on aura les écritures suivantes : Xad Xad ou encore Xda Xda etc.
- Considérons uniquement ce deuxième gène et admettons qu’il soit partiellement lié au sexe : on aura alors les écritures suivantes. Xa Ya Xa Ya+ ;     Xa Xa etc.

- Dans le cas de l’hérédité liée au sexe, on peut également écrire le génotype en utilisant des double barres; la barre représentant X est nettement plus longue que celle symbolisant Y ; cette dernière présente un crochet. Précisons que ce type de symbolique est de moins en moins utilisé de nos jours.
- En cas de gènes liés, un des locus peut être situé dans la partie supérieure de X et l'autre dans la partie inférieure etc.
- Il ne faut jamais confondre la représentation d'un chromosome ordinaire à deux chromatides avec le chromosomes X.


4. Pedigrees ou arbres généalogiques

L’espèce humaine est un matériel particulièrement difficile à étudier du point de vue génétique d’une part à cause de la trop longue durée des générations et d’autre part  à cause des règles morales qui régissent les unions.
La construction de pedigree permet aux généticiens de suivre les modalités de transmission d’une tare ou de tout autre caractère, à partir d’enquêtes.
La construction de l’arbre généalogique suit des règles conventionnelles précises:

- les générations sont désignées par un chiffre romain

- les individus sont désignés par un chiffre arabe
- l’individu de sexe mâle est désigné par un carré - l’individu de sexe femelle par un cercle.
- les unions sont représentés par un trait horizontal reliant le carré et le cercle.
- les enfants sont reliés aux parents par des traits verticaux
- tous ceux qui sont de la même génération sont sur la même ligne horizontale

* individu de sexe mâle;

individu de sexe femelle

individu de sexe mâle présen
-tant le caractère étudié

individu de sexe femelle présentant le caractère

mariage

 

descendances   d'une d'une même génération

 

fausses jumelles

 


- Il existe d'autres symboliques, par exemple pour désigner des vrais ou faux jumeaux, des cas de décès, d'avortement, etc.
- l'utilisation du pedigree n'est pas réservée exclusivement à l'espèce humaine.

Exemple : Madame D, atteinte d'une tarre appelée xeroderma pigmentosum, est l'ainée des deux enfants d'un couple sain. Sa petite soeur et l'époux de cette dernière, tous sains, ont trois enfants dont deux filles. Le garçon, l'ainé des enfants, et sa soeur cadette sont tarés.
L'arbre généalogique se présente ainsi qu'il suit:


- les individus de la même génération sont toujours placés sur la même ligne horizontale et sont numérotés de 1 à n, en principe selon l'ordre des naissances.

- pour d ésigner Madame D, on écrira: soit II1 , soit II(1).
- pour désigner le père et la mère de Madame D, on écrira: I(1)(2)


Merci de votre visite

Ce sera un plaisir pour moi de connaître vos impressions et suggestions

pour prendre contact, veuillez cliquer ici

Haut Bas

 


 
Vocabulaire génétique PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 13 Septembre 2011 23:42

 

VOCABULAIRE GENETIQUE
Haut Bas

 


Nous ne retiendrons que les termes les plus couramment utilisés dans les lycées et collèges.

1. Caractère

Le caractère est l’expression visible d’un ou d’un groupe de gènes. Il correspond à l’aspect physique ou à tout autre critère mesurable de l’organisme. Les caractères sont de plusieurs ordres: morphologique, physiologique, biochimique etc..
Exemple : si la couleur du pelage d’une souris est grise, on parlera du caractère « pelage gris » ; pour une drosophile aux ailes courtes, on parlera de caractère « ailes vestigiales »

Le caractère initial est dit sauvage. Ce terme « caractère sauvage » s’oppose à celui de « caractère muté » résultant d’une transformation du premier.

Exemple: les yeux des drosophiles sont normalement rouges. Il est apparu au cours de l’élevage de ces insectes, des drosophiles aux yeux blancs : on dira alors que  le caractère « yeux rouges » est sauvage et celui «yeux blancs» est muté.


2. Gène

Le gène est l’unité héréditaire ; il correspond au cistron qui dirige la synthèse d’un polypeptide. Le gène transmet l’information à la production d’une protéine spécifique et détermine ainsi le produit final. Ainsi, il gouverne l’apparition d’un ou de plusieurs caractères. On dira par exemple le gène qui gouverne la couleur du pelage de la souris ; le gène qui gouverne la longueur des ailes de la drosophile etc.

Deux chromosomes homologues portent exactement les mêmes gènes. Chez l’être diploïde, la cellule contient donc deux exemplaires de chaque gène, l’un étant d’origine paternelle et l’autre, d’origine maternelle. Par contre, chez l’être haploïde, la cellule contient un exemplaire unique de chaque gène.
On appelle génome, l’ensemble des gènes de la cellule.

Haut Bas


3. Allèles

Les allèles sont les différentes manifestations possibles d’un même gène.
L’apparition des allèles est due aux mutations qui sont des modifications brusques affectant la séquence des nucléotides qui constituent le cistron ; il peut en résulter un polypeptide différent de celui initialement synthétisé. Le caractère déterminé par le polypeptide se retrouve ainsi modifié forcément. On dira alors que les allèles sont des versions modifiées d’un même gène

Exemple: Nous parlerons du gène A gouvernant le caractère « couleur du pelage » de la souris. Il existe des souris au pelage blanc et d’autres au pelage gris. Nous dirons que le «gris» et le «blanc» sont deux manifestations différentes du même gène A. Nous dirons alors : l’allèle responsable de l’apparition du caractère « pelage gris », et l’allèle responsable de l’apparition du caractère « pelage blanc ».
L’allèle original est dit sauvage par opposition à l’allèle muté.

Il est incorrect de dire: le gène responsable de l’apparition du caractère « pelage gris » ou le gène responsable de l’apparition du caractère « pelage blanc ». les trois termes suivants sont synonymes : allèle ; gène allélomorphe ; gène allèle.
on parle de polyallélisme ou polyallélie lorsque le gène a plus de deux allèles.

Exemple 1 : le gène responsable de la transmission du groupe sanguin (système ABO) a trois allèles ;

Exemple 2 : le gène B du système HLA comporte 52 allèles et le gène DR du même système, 46 allèles.
Remarque: la cellule diploïde contient deux allèles de chaque gène, quel que soit le nombre d’allèles que comporte le gène; par contre la cellule haploïde n’en contient qu’un seul.

Haut Bas


4. Locus ( des loci)

Les gènes étant des portions de l’ADN, à l’échelle du chromosome, nous considérons qu’ils sont disposés linéairement le long de la chromatide du chromosome : On appelle locus, l’emplacement (ou la position) occupé par le gène sur le chromosome.

Les chromosomes homologues ont exactement les mêmes loci puisqu’ils portent les mêmes gènes.


5. Génotype

Le génotype d’un individu est la combinaison d’allèles portée par celui-ci.


6. Gène létal

Un gène est dit létal lorsque la manifestation(expression) d’un de ses allèles provoque la mort de l’individu en empêchant le déroulement normal d’une séquence métabolique fondamentale pour l’organisme. L’allèle létal peut être dominant ou récessif. S’il est dominant, l’homozygote comme l’hétérozygote ne seront pas viables ; dans certains cas par contre, l’hétérozygote peut vivre assez longtemps pour se reproduire et transmettre l’allèle à la génération suivante.

Il existe de nombreux exemples de mutations létales chez tous les organismes. L’âge auquel l’individu meurt varie considérablement. Chez l’humain, la plupart des allèles létaux influencent le développement et agissent in utero ; leur action reste souvent inconnue car la mort de l’embryon est attribuée à une anomalie de fécondation ou à une fausse couche. Leur action est plus manifeste chez les enfants qui naissent à terme et qui meurent en bas âge.

Haut Bas


7. Gène autosomique (ou autosomal) et le gène lié au sexe

7.1 Le gène est dit autosomique s’il est porté par un autosome

7.2 Le gène est lié au sexe s’il est porté par les chromosomes sexuels
(X ou Y) ; ou bien (Z ou W).

Chez certaines espèces tels que les papillons, les oiseaux, les poissons, les reptiles..., les femelles sont hétérogamétiques ; les chromosomes sexuels de ces espèces sont représentés par Z et W. Le mâle sera ZZ et la femelle, ZW.

Le gène est dit totalement ou complètement lié au sexe lorsque son locus est soit sur la portion différentielle de X soit sur celle de Y. Exemple : le gène responsable de la vision normale des couleurs chez l’homme.

Le gène est dit partiellement lié au sexe lorsque son locus est sur les portions homologues de X et Y. Exemple : chez une espèce de poisson appartenant au genre Aplocheibus, la couleur du corps est dû à deux gènes dont un est autosomique et l’autre partiellement lié au sexe.

- une portion importante de X n’a pas d’équivalent dans Y et réciproquement, si bien que tout locus situé sur la partie différentielle de X n’a pas d’homologue sur le chromosome X et vice-versa. Il en est de même pour Z et W.
Au cours de la méiose, les chromosomes sexuels s’apparient par l’intermédiaire de leurs portions homologues au niveau desquelles peut s’effectuer le crossing-over.

- Il ne faut pas confondre l’hérédité liée au sexe (cas de gène porté par X et/ou Y) et l’hérédité  influencée par le sexe: dans ce dernier cas, il s’agit d’un gène autosomal dont les allèles se comportent différemment selon le sexe de l’individu. Chacun des deux allèles est dominant pour l’un des sexes et récessif pour l’autre sexe). Exemple: le gène  responsable de la pousse des cheveux a deux allèles :
l’allèle responsable de la calvitie il est dominant chez l’homme et récessif chef la femme.
l’allèle responsable de la pousse normale des cheveux : il est récessif chez l’homme et dominant chez la femme. Dans ce cas, la femme atteinte de calvitie est forcément homozygote alors que l’homme chauve est homozygote ou hétérozygote.

Haut Bas


8. Gènes indépendants et  gènes liés

8.1 Des gènes sont dits indépendants lorsqu’ils sont portés par des paires de chromosomes différentes.

8.2 Des gènes sont dits liés lorsqu’ils sont portés par le même chromosome : le terme « linkage » désigne la liaison des gènes.

Plus la distance qui sépare deux gènes est élevée, plus la possibilité d’échanges de leurs allèles entre les chromosomes homologues par le crossing-over est grande. Ainsi, sur un même chromosome, se retrouvent associés des allèles d’origine parentale différente.

Par contre, lorsque les gènes sont très proches l’un de l’autre, ils seront toujours transmis en bloc (en même temps). Dans le cas où le crossing-over provoque des échanges d’allèles entre les chromosomes homologues, on dit que la liaison est partielle ou imparfaite. On dira que la liaison est parfaite ou absolue ou encore totale lorsqu’il ne se produit pas d’échanges d’allèles entre les chromosomes homologues soit parce qu’il n’effectue pas de crossing-over; soit parce que les gènes sont trop proches l’un de l’autre.

Chez la plupart des espèces végétales, la méiose est généralement accompagnée de crossing-over.
Chez la grande majorité des espèces animales, les possibilités de crossing-over sont de règle et existent dans les deux sexes. Par contre, chez quelques espèces comme la drosophile et le ver à soie, le crossing-over n’existe que dans l’un des deux sexes (drosophile femelle et ver à soie mâle).

Haut Bas


9. Polygénie (ou polymérie) et  pleiotropie.

9.1 La polygénie

On parle de polygénie lorsqu’un même caractère est sous le contrôle de plusieurs gènes.

Exemple 1 : la couleur de la peau chez l’espèce humaine est gouvernée par au moins quatre gènes, chacun d’eux étant responsable de la synthèse d’une enzyme spécifique catalysant une étape de la biosynthèse de la mélanine.
PTyrosine Dihydroxyphénylalanine Mélanine

Exemple 2: Admettons que l’apparition d’un caractère donné (appelons-le D) soit déterminée par deux substances X et Y, chacune de ces substances étant l’étape finale d’une réaction de biosynthèse.

A BC X
A’ B’ Y
Chaque étape étant catalysée par une enzyme, cinq gènes gouvernent alors l’apparition du caractère.

9.2 La pleiotropie

Dans ce cas, plusieurs caractères sont gouvernés par un seul gène : on parle alors de gène pléiotrope ou pléiotropique.

En fait, presque tous les gènes sont pléiotropes car chaque gène codant pour la synthèse d’un polypeptide influe sur le déroulement d’une chaîne métabolique et donc la physiologie globale: le caractère majeur facilement observable dû à un gène est presque toujours associé à des effets secondaires plus ou moins discrets dus au même gène : l’ensemble de ces manifestations constituent un syndrome .
Exemple 1 : chez une race de chat, l’apparition des caractères « yeux bleus » et « surdité » sont gouvernés par le même gène.
exemple 2 : chez la drosophile, un allèle du gène «club » est responsable de:  tête aplatie; petits yeux; thorax et abdomen tordus; ailes chiffonnées.

Haut Bas


10. Phénotype

C’est l’ensemble des caractères apparents (morphologiques, physiologiques et même éthologiques) permettant de reconnaître un individu. Des facteurs du milieu comme le climat, la nutrition etc. peuvent provoquer des transformations plus ou moins importantes du phénotype sans toutefois affecter le génotype. Ces transformations, appelées écomorphoses, sont souvent des formes d’adaptation de l’organisme.

Exemple: admettons que des graines de haricot présentent le même génotype par rapport à une caractéristique tel que le poids. Ces graines sont semées à des endroits différents du même champ. On procède ensuite à une auto pollinisation des plantes devenues adultes. A la récolte, on aura des graines de poids différents en fonction des propriétés et de la structure des sols.

Le phénotype est donc en fait la résultante de l’action des gènes et celles du milieu. Ce terme « phénotype » sera souvent employé dans un sens restreint pour désigner un ou plusieurs caractères étudiés.

Haut Bas


11. Homozygotie ; Hétérozygotie; Hémizygotie

Chez les individus diploïdes, la cellule possède deux allèles d’un même gène occupant des loci correspondants sur les chromosomes homologues ; un des allèles est d’origine paternelle et le second d’origine maternelle.
Au cours de la méiose, il y a disjonction des allèles et chaque gamète de l’individu ne possède qu’un seul des deux allèles ; mais à la fécondation, il y a juxtaposition des deux allèles (maternel et paternel ) chez tout individu résultant de l’œuf.

11.1 Lorsque les deux allèles sont identiques, on dit que l’individu est homozygote pour le gène étudié
Un individu homozygote pour un ou plusieurs gènes est dit de lignée pure pour
ces caractères.

Une variété végétale par exemple sera dite de lignée pure si les descendants produits par autofécondation (ou hybridation au sein de cette même variété) sont identiques à la variété parentale.

On réserve généralement le terme de « race pure » pour les animaux et celui de « variété pure » pour les végétaux.


Un tuyau : tout individu homozygote pour un ou plusieurs caractères, produit forcement un seul type de gamètes.

11.2 Lorsque les deux allèles sont différents, on dit que l’individu est hétérozygote.

Un tuyau: tout individu hétérozygote produit au minimum, deux types de gamètes différents.

11.3 Lorsque le gène est totalement lié au sexe, l’individu hétérogamétique sera dit hémizygote.

Un tuyau : l’individu hémizygote produit toujours deux types différents de gamètes aux mêmes proportions (1/2 et 1/2)

Haut Bas


12. Hybride

Ce terme peut désigner entre autres :
-
soit un individu résultant du croisement de parents d’espèces différentes mais voisines : on parle alors d’espèces inter spécifiques. Exemple : le mulet est un hybride entre l’âne et la jument.
-s
oit un individu résultant du croisement entre deux parents de lignée pure différents par un ou plusieurs caractères ; dans ce cas les termes «individu hybride » et «individu hétérozygote » sont synonymes.


13. Dominance, récessivité et codominance .

Chez l’être haploïde, chaque cellule renferme un allèle unique de chaque gène; étant seul, l’allèle s’exprimera à sa guise dans le phénotype. Par contre chez l’individu hétérozygote, la « cohabitation » des deux allèles différents pose le problème suivant : lequel des deux s’exprimera dans le phénotype ?
Deux possibilités se présentent :

13.1 Dominance et récessivité

On parle de dominance complète ou totale lorsqu’un seul des deux allèles s’exprime si bien que l’homozygote et l’hétérozygote présentent le même phénotype : il est alors dit dominant ; le deuxième allèle dont l’action a été masquée est dit récessif. En réalité, c’est par extension que l’on parle d’allèle « dominant » et d’allèle « récessif »: en effet, c’est le caractère qui est dominant ou récessif puisque c’est lui qui est observable chez l’individu.

Exemple 1: le croisement entre deux souris de race pure dont l’une au pelage gris et l’autre au pelage blanc, donne des descendants tous gris . Le caractère « pelage gris » est donc dominant et le caractère «  pelage blanc » est récessif. Par extension, on dira que l’allèle gouvernant le caractère « pelage gris » est dominant et celui gouvernant le caractère « pelage blanc » est récessif.
On parle de dominance incomplète ou partielle lorsque les deux allèles s’expriment de façon inégale. On parle dans ce cas de récessivité incomplète.

Exemple2 : la drépanocytose : les essais chimiques peuvent différencier l’état de l’hétérozygote (AS ou AC), de celui de l’homozygote par rapport à la concentration d’enzymes. Chez l’homozygote, toutes les hémoglobines sont HbA. Par contre chez l’hétérozygote AS, on trouve aussi bien HbA que HbS avec une prédominance de la première. Les allèles A et S se sont donc exprimés tous les deux mais de façon inégale.

13.2 Codominance

Il y a Codominance lorsque les deux allèles s’expriment de façon complète et égale ; il en résulte un phénotype intermédiaire entre les phénotypes des deux types parentaux homozygotes.

Exemple 1 : le croisement de deux variétés pures de muflier l’une à fleurs rouges, l’autre à fleurs blanches donne des hybrides aux fleurs roses.

Exemple 2 : cas de la transmission des groupes sanguins dans le système « ABO » : les allèles A et B s’expriment totalement chez l’individu appartenant au groupe AB.

Dans certains ouvrages, relativement anciens, les auteurs admettent comme termes synonymes de « Codominance » : inter-dominance, dominance incomplète, absence de dominance et pseudo-dominance.

Haut Bas


14. Epistasie

L’épistasie est une forme d’interaction entre des gènes non allélomorphes. Elle se traduit par le fait qu’un gène exerce une influence sur l’expression phénotypique d’un autre gène.
l’épistasie est dite dominante, lorsque l’allèle dominant d’un gène ( du locus I par exemple) s’exprime de la même manière quel que soit l’allèle présent à l’autre locus ( locus II): ainsi les individus de génotypes partiels A-B-, A-bb ont le même phénotype.
Les allèles du deuxième locus ne s’exprimeront que chez l’individu de génotype partiel aa--: Les génotypes  aaB- et aa bb donneront deux phénotypes différents.

l’épistasie est dite récessive, lorsque le génotype récessif aa d’un des loci (locus I par exemple ), empêche l’expression des allèles du second locus (locus II.).On dira alors que le locus I exerce une épistasie récessive sur le locus II. Les allèles B et b ne peuvent s’exprimer que lorsque l’allèle A est présent. Les génotypes partiels A-B- et A-bb donneront deux phénotypes différents; par contre, aaB- et aabb donneront le même phénotype..


15. Croisement

Le croisement consiste à faire reproduire entre eux des individus afin d’étudier la répartition des caractères qu’ils présentent au niveau de leurs descendants : les individus croisés peuvent être différents par un ou plusieurs caractères ou présenter les mêmes caractères ; dans ce dernier cas, on veut vérifier s’ils sont de race pure. On symbolise le croisement par « x » : AxB se lit «  individu A croisé par l’individu B ».

Les descendants directs des deux types parentaux de lignées pures croisés constituent la première génération symbolisée par F1. Croisés entre eux, les individus de la F1 engendrent la seconde génération symbolisée par F2 et ainsi de suite.

15.1 Le retrocroisement ou back-cross ou encore croisement en retour

Il consiste à croiser un individu de la F1 (hétérozygote) par l’un ou l’autre parent (homozygote).

15.2 Le test-cross ou croisement-test

Il consiste à croiser un individu quelconque de génotype connu ou inconnu par une souche homozygote récessive.

Les allèles récessifs, ne pouvant masquer l’expression des allèles portés par les gamètes de l’individu testé, les fréquences relatives des divers phénotypes obtenus dans la génération issue du test-cross, correspondent toujours aux types et aux fréquences des gamètes produits par l’individu testé.
Ce type de croisement, comme son nom l’indique, permet de tester la nature du génotype de tout individu

si le génotype de l’individu testé est inconnu, les proportions phénotypiques des individus résultant d’un tel croisement permettront de le déterminer.
si le génotype de l’individu testé est connu, les proportions phénotypiques des individus résultant du test-cross permettront de déterminer le comportement des allèles lors de la formation des gamètes dans le cas de l’étude de plusieurs gènes. Ainsi on saura si les gènes étudiés sont indépendants ou liés (linkage absolu ou partiel).

Pour certains auteurs, les termes « back-cross » et «test-cross » sont synonymes. En réalité, comme nous venons de le voir, les deux termes sont différents : en effet, un back-cross peut correspondre à un test-cross si le parent avec lequel le croisement a été effectué, est de souche récessive.

15.3 Croisements réciproques ou croisements inverses :

Ce sont deux croisements dans lesquels : pour l’un, la femelle présente un caractère et le mâle, un autre ; pour le deuxième croisement, c’est la situation inverse.
Exemple :
premier croisement : une souris mâle au pelage blanc est croisée avec une femelle au pelage gris.
D
euxième croisement : une souris femelle au pelage blanc est croisée avec une souris mâle au pelage gris.
Ces croisements permettent de savoir si le gène étudié est autosomique ou bien lié au sexe :
les parents étant de race pure, si les phénotypes des F1 obtenus dans les deux types de croisements sont identiques, alors le gène étudié est autosomique. Par contre, s’ils sont différents, alors le gène est totalement lié au sexe.

15.4 L’échiquier de croisement

C’est est une grille à deux entrées permettant d’établir de façon utile et systématique toutes les combinaisons possibles de gamètes. Dans la première colonne verticale sont représentés les gamètes mâles et dans la première colonne horizontale, les gamètes femelles.

Le nombre de colonnes varie en fonction des différents types de gamètes produits par les individus croisés.
Dans la grille, doivent être mentionnés :
- les différents types de gamètes produits et leurs proportions respectives.
- les différents génotypes et phénotypes ; et les fréquences correspondantes dans chaque case.

Exemple : admettons que dans un croisement, la femelle produise quatre types de gamètes ( AB; Ab; aB; ab) aux mêmes proportions( 1/4;1/4; 1/4;1/4); et le mâle, deux types ( AB; Ab) également aux mêmes proportions(1/2 et 1/2). On aura alors un tableau de ce type dans lequel seront représentés les différents types de gamètes, les génotypes, les phénotypes ; et leurs proportions respectives.

gamètes

AB 1/4

Ab 1/4

aB 1/4

ab 1/4

AB 1/2

AABB [AB]  1/8

AABb [AB] 1/8

AaBB [AB] 1/8

AaBb [AB] 1/8

Ab 1/2

AAbb [AB] 1/8

AAbb [Ab] 1/8

AaBb [AB] 1/8

Aabb [Ab] 1/8

Pour obtenir la fréquence de rencontre de deux types de gamètes, On fait le produit de leur fréquence. Ainsi la fréquence de rencontre des gamètes Ab et AB est de: 1/4 X 1/2 = 1/8


Merci de votre visite

Ce sera un plaisir pour moi de connaître vos impressions et suggestions

pour prendre contact, veuillez cliquer ici

Haut Bas



 
THEME 2:VOCABULAITRE ET CONVENTIONS GENETIQUES PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 13 Février 2011 23:53

  • Chapitre 1 : Vocabulaire génétique
  • Chapitre 2 : Conventions génétiques

Mise à jour le Mardi, 27 Décembre 2011 03:17
Lire la suite...
 
THEME 1: L’ADN, SUPPORT DES CARACTERES HEREDITAIRE PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 13 Février 2011 23:34

Chapitre 1 : Relations entre ADN, protéines   et  caractères héréditaires

  • Quel lien y a-t-il entre les protéines et les caractères héréditaires?
  • Quel lien y a-t-il entre les protéines et l’ADN?

Chapitre 2 : ADN et transmission des caractères héréditaires

Mise à jour le Dimanche, 13 Février 2011 23:52
Lire la suite...
 


Article aléatoire

  • Le Roi du Djadjo
    commentaire du roman "Le Roi du djadjo" par M. DUVAL Professeur titulaire de sociologie à l'Université Paul Valerie de Montpellier Un soir que j'étais fatigué, trop pour prendre mon livre d'histoire...
    Lire la suite...
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
Joomla 1.5 Templates by Joomlashack